Kruja, capitale de l’Albanie au 15ème siècle

Kruja, symbole de la résistance anti-ottomane et de la lutte pour la liberté et l’indépendance. La ville de Kruja est étroitement liée à la vie et à l’œuvre de notre héros national, George Kastriot Scanderbeg. A 40 km au nord-est de Tirana, Kruja se situe à 608m au dessus du niveau de la mer. Le mont Scanderbeg, haut de 1723m, lui sert de fond. Kruja est aujourd’hui une petite ville touristique, avec environ 14 500 habitant. Au cours de la seconde guerre mondiale la ville a été détruite, sa population s’est installée à Fushe-Kruja, dans la plaine. Mais puisque la ville de Kruja est liée à l’une des périodes les illustres de l’histoire du peuple albanais, le gouvernement communiste a pris la décision de faire reconduire la ville au même endroit qu’autrefois. Les fouilles archéologiques dans la forteresse de Kruja prouvent qu’un habitat illyrien y a existé dès le 3ème siècle av. J.-C. Les documents historiques montrent que Kruja a été un centre d’habitation dès l’année 879. Un document chrétien souligne le rôle de la ville comme centre d’épiscopat orthodoxe. Kruja a été l’épicentre du premier état féodal albanais ; vers 1190-1198 elle a eu à sa tête Progon et plus tard ses fils, Gjin et Dhimitër.

A l’époque elle faisait partie de la principauté d’Arbanon et ensuite de ‘Regnum Albaniae’ des Angevins. La ville s’épanouit aux 13ème et 14ème siècles le commerce et l’artisanat se développent. Les Ottomans occupent pour la première fois Kruja en 1396 et une seconde fois en 1415. 15 années plus tard, Gjon Kastriot, le père de Scanderbeg, dirige l’insurrection contre les ottomans. Avec le retour de George Kastriot Scanderbeg à Kruja, celle-ci devient le centre de l’épopée albanaise du 15ème siècle. L’armée ottomane, la plus puissante de l’époque, a subi l’échec à trois sièges, en 1450, 1466 et 1467. Les Ottomans ne sont parvenus à prendre Kruja que 19 années après la mort naturelle de Scanderbeg, en 1468. La ville a été ruinée, sa population a été massacrée. Au 16ème siècle, Kruja n’avait que 150 maisons, mais elle a survécu et conservée son esprit de résistance pour la liberté et l’indépendance. Le bazar et le musée national de Scanderbeg sont deux composantes importantes de la ville qui en 1068, à l’occasion du 500ème anniversaire de la mort du héros national, George Kastriot Scanderbeg, a pris le titre ‘ville héros’. C’est à cette époque que le bazar a été reconstruit : dans des constructions de bois des deux côtés d’une pavé ont produit et on vend des articles d’artisanat. A l’entrée de la ville se situe une statue équestre représentant Scanderbeg sur son cheval ; c’est un ouvrage du sculpteur Janaq Paço, réalisé en 1959.

Le musée de Scanderbeg se situe dans le territoire de la forteresse qui est en forme d’ellipse, d’une superficie de 2,25 ha, entourée d’un mur haut, long de 804m, épais de 1,5m, fortifié de 9 tours rondes et rectangulaires. La principale entrée s situe du côté nord-est, tandis que l’entrée secondaire, de forme de tunnel, au sud-est. A l’intérieur de la forteresse il y a des fragments de la coexistence de différentes cultures, en différentes périodes. Les ruines d’une église et d’une horloge sont découvertes près du siège du féodal en chef. Le musée ethnographique occupe u bâtiment caractéristique de la ville. Le musée de Scanderbeg est un bâtiment imposant, construit en 1982. Un complexe de sculptures est à l’entrée : au centre d’un groupe de combattants se trouve George Kastriot Scanderbeg, héros national. Des copies de l’épée et du casque de Scanderbeg son déposées au fond d’une fresque qui représente les 25 batailles menées par le peuple albanais contre les ottomans, sous la direction de Scanderbeg. La riche bibliothèque du musée montre que plus de mille livres albanais et étrangers sont dédiés à la vie et à l’œuvre de Scanderbeg, grand stratège, éminent diplomate qui a protégé la civilisation occidentale contre les ottomans. Tout au tour de Kruja, il y a plus de 100 000 pieds d’oliviers. D’après une légende, Scanderbeg avait donnée l’ordre que chaque nouveau ménage, avant le mariage, plante 2 jusqu’à 10 pieds d’oliviers. On parle même d’un olivier appelé « l’olivier de Scanderbeg » et qui se situe à l’intérieur du territoire de la forteresse.

/L.Thomaj/

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