Nouvelle Perspective d’élargissement pour les Balkans

Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé en 2017, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a réaffirmé l’avenir européen des Balkans occidentaux: «Si nous voulons plus de stabilité dans notre voisinage, nous devons aussi offrir des perspectives d’élargissement crédibles aux Balkans occidentaux. Il n’y aura pas de nouveaux pays membres durant le mandat de cette Commission et de ce Parlement, parce que les critères d’adhésion ne sont pas remplis. Mais dans les années qui viennent l’Union européenne comptera plus de 27 membres. Pour tous les pays candidats à l’adhésion, une priorité absolue doit être donnée, dans les négociations, au respect de l’état de droit, de la justice et des droits fondamentaux.» Les chefs d’État ou de gouvernement de l’UE n’ont eu de cesse de soutenir la voie européenne suivie par la région, et tout récemment encore dans les conclusions du président du Conseil européen, en mars 2017: «Le Conseil européen […] a réaffirmé son soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux. Saluant les progrès réalisés par les pays de la région, le Conseil européen souligne que l’UE reste déterminée à les aider à mener des réformes et des projets axés sur l’UE et qu’elle demeure, à cette fin, mobilisée à tous les niveaux.»

Les pays des Balkans occidentaux pourront adhérer à l’Union européenne lorsque les critères énoncés à l’article 49 du traité sur l’Union européenne, y compris les critères de Copenhague, auront été remplis. Si aucun d’eux ne remplit aujourd’hui ces critères, la région n’en a pas moins parcouru un long chemin depuis la fin des années 1990. Dans l’ensemble, des progrès importants ont été accomplis, tant en matière de réformes que dans la manière dont les séquelles de la guerre et des conflits ont été surmontées. Toutefois, pour remplir toutes les conditions d’adhésion et renforcer leurs démocraties, il importe que ces pays entreprennent encore des réformes globales et convaincantes dans des secteurs clés, tels que l’état de droit, la compétitivité, ainsi que la coopération et la réconciliation régionales. Premièrement, l’état de droit doit être considérablement renforcé. Pour l’heure, les pays concernés présentent des symptômes évidents de captation de l’État, dont des liens avec la criminalité organisée et une corruption à tous les niveaux du gouvernement et de l’administration, ainsi que l’important enchevêtrement d’intérêts publics et privés. Il s’ensuit un sentiment d’impunité et d’inégalité. On peut citer aussi une forte ingérence politique dans les médias, doublée d’un contrôle exercé sur ces derniers. Pour être en mesure de procéder aux changements durables de société requis, il est essentiel que ces pays soient dotés d’appareils judiciaires indépendants et visiblement habilités à agir, de même que de gouvernements et d’administrations comptables de leurs actes. Deuxièmement, certains pans essentiels des économies de la région ne sont pas compétitifs, en raison d’une trop grande ingérence politique indue et du développement insuffisant du secteur privé. Aucun pays des Balkans occidentaux ne peut actuellement être considéré comme une économie de marché viable ni prétendre avoir la capacité de faire face à la pression concurrentielle et aux forces du marché à l’intérieur de l’Union. En dépit de tous les progrès accomplis sur le plan des réformes, nombre de problèmes structurels demeurent, qui ont des répercussions négatives sur les marchés du travail et notamment sur les perspectives d’emploi des plus jeunes.

Dans les années à venir, tous les pays des Balkans occidentaux auront la possibilité d’avancer sur leurs trajectoires européennes respectives, sur la base de leurs mérites propres et au rythme auquel ils accomplissent leurs progrès. Le Monténégro et la Serbie sont actuellement les mieux placés pour adhérer et la sous-section ci-après illustre les étapes qu’ils ont encore à franchir. L’Albanie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine sont en train de réaliser des progrès significatifs sur leur trajectoire européenne, et la Commission est disposée à élaborer des recommandations relatives à l’ouverture de négociations d’adhésion avec ces pays, dès lors que les conditions pour ce faire sont remplies. La Commission commencera à rédiger un avis sur la demande d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine lorsqu’elle aura reçu des réponses détaillées et exhaustives à son questionnaire. La Bosnie-Herzégovine, pourvu qu’elle poursuive ses efforts et mène une action soutenue, pourrait devenir candidate à l’adhésion. Le Kosovo a l’occasion de réaliser des progrès durables, grâce à la mise en œuvre de l’accord de stabilisation et d’association, et de progresser sur la voie de son adhésion à l’UE, dès que les circonstances objectives le permettront. Le pays tirera également un grand bénéfice d’un accord de normalisation définitif avec la Serbie.

article complet:

https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/communication-credible-enlargement-perspective-western-balkans_fr.pdf

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