Petro Nin Luarasi, membre actif du mouvement de la renaissance nationale, publiciste et enseignant renommé de la langue albanaise.

Petro Nin Luarasi est né le 22 avril 1865 dans le village de Luarasi, district de Kolonja, au sud-est de l’Albanie et est décédé le 17 août 1911. Il a eu comme premier enseignant Koto Hoxhi, éminent patriote de la cause albanaise. Après avoir terminé ses études, il a été enseignant dans le village de son district. En clandestinité, il enseignait la langue albanaise aux enfants de ses compatriotes.

Parallèlement à cela, il a préparé aussi des enseignants de la langue albanaise et plus tard, il a ouvert la première école en langue albanaise dans la ville d’Erseka. Il a poursuivi son activité d’enseignement de la langue albanaise et dans les années 1892-1893, Petro Nin Luarasi a ouvert d’autres écoles en langue albanaise dans le district de Kolonja. Il a été enseignant et puis directeur à la première école en langue albanaise, ouverte dans la ville de Korça, au sud-est du pays, une ville connue pour ses traditions patriotiques et son activité au service de la liberté et de l’indépendance de l’Albanie de la domination ottomane.

Menacé constamment par les autorités turques et l’église grecque, Petro Nin Luarasi, n’a jamais cessé son travail d’enseignant de la langue albanaise. Dans les années 1909-1911, il a dirigé l’école albanaise de Negovani. Lorsque le gouvernement turc a fermé les écoles en langue albanaise, Petro Nin Luarasi a été obligé de quitter l’Albanie et d’émigrer. Il s’est installé d’abord à Bufalo de New York, où il est devenu membre de l’association « La nostalgie de la patrie », un mouvement national contre l’occupation turque et les efforts chauvinistes grecs pour dénationaliser le sud de l’Albanie.

Petro Nin Luarasi était aussi initiateur de la création de la société patriotique « Le pélasgique » et des comités clandestins qui luttaient pour la liberté de l’Albanie. Au congrès de Manastir, où l’on prit la décision de créer l’alphabet de la langue albanaise, Petro Nin Luarasi a été très actif au travail pour la création de cet alphabet. Toujours à Manastir, il a collaboré avec la revue « L’union du peuple ». Son activité patriotique s’étende aussi à Boston et à Sofie, collaborant avec les rédactions des revues « La nation », « La lumière », « L’Illyrie », où il a publié des articles politiques et pédagogiques, ainsi que des poésies.

Par son ouvrage politique « La malédiction des lettres albanaises et le dénigrement de l’albanais », Petro Nin Luarasi a défendu le droit du peuple albanais d’apprendre sa langue et de développer sa culture. Il a propagé l’une des idées fondamentales de la renaissance nationale albanaise » l’union dans la lutte pour la liberté et l’indépendance de l’Albanie.

L.Thomaj