Onufri, le plus grand iconographe albanais du 16ème siècle

Onufri est le peintre albanais le plus distingué. Il était un peintre d’icônes orthodoxe et archiprêtre d’Elbasan, actif au 16ème siècle dans le sud de l’Albanie et le sud-ouest de la Macédoine. Ses œuvres sont caractérisées par des influences post-byzantines et vénitiennes. Il a également peint des portraits, des paysages et des églises. Il est devenu l’un des représentants les plus éminents de cet art. L’une des caractéristiques les plus frappantes de ses œuvres sont les éléments réalistes qui viennent adoucir à leur manière les règles byzantines rigides et donner une place plus grande à la vie quotidienne albanaise et à ses environnements caractéristiques. Dans le climat de l’époque, la peinture des icônes chrétiennes peut être vue comme un acte de restauration de la culture pré-ottomane.
Il a été actif à Berat et peut-être à Venise jusqu’en 1547. Puis il a travaillà à la fois à Berat et à Kastoria et en 1555, à Shelcan près d’Elbasan. Il a peut-être aussi été le peintre de diverses fresques dans l’église de Saint-Nicolas près de Prilep après 1554; il a vécu et peint dans le village de Valsh.

Dans un certain nombre d’églises, ses œuvres ont été signées avec le titre “Protopapas” démontrant une position de haut rang dans la hiérarchie de l’église.
Onufri a introduit un plus grand réalisme et individualité dans les expressions faciales, rompant avec les conventions strictes de l’époque. Il a été le premier à introduire la couleur rose dans la peinture d’icônes. Le secret de cette couleur n’a pas été transmis. Son travail est noté pour l’utilisation intense des couleurs et l’utilisation de colorants naturels. Selon Georgios Golobias, les œuvres d’Onufri ont été influencées de manière significative par l’art occidental, en raison de son séjour possible à Venise, en tant que membre de la fraternité grecque locale. D’un autre côté, Manolis Chatzidakis affirme que les traces occidentales sont rares et peuvent s’expliquer par le contact avec les peintures de l’école crétoise.
Il a représenté des fresques dans un certain nombre d’églises en Albanie ainsi qu’en Macédoine et en Grèce. Ses fresques dans les églises albanaises ont été restaurées et ses icônes sont conservées dans les principaux musées du pays. En 1986, le musée Onufri a été inauguré dans le château de Berati, où certaines de ses meilleures icônes sont logées. Une autre partie est exposée au Musée des Arts Médiévaux de Korca et au Musée National d’Histoire de Tirana.
Les icônes d’Onufri ont également été exposées à l’étranger et ont attiré l’attention avec leur couleur rouge écarlate, caractérisée comme «originale et inimitable». Le travail d’Onufri a joué un rôle important dans la peinture albanaise non seulement de son vivant, mais aussi au cours des siècles suivants. Ses disciples directs étaient son fils Nikolla, Onufer Qiprioti et quelques autres peintres anonymes.
Ses peintures se distinguent par leurs couleurs riches et leurs nuances décoratives, la réalisation de types intéressants dans des états tragiques, et l’introduction de certains éléments ethnographiques nationaux qui seraient plus visibles avec ses successeurs; son fils Nikolla (16ème siècle) et d’autres peintres distingués tels que David Selenica (18ème siècle), Konstandin Shpataraku (18ème siècle), Konstandin et Athans Zografi (18ème siècle), famille Katro (18ème siècle) etc., qui ont décoré un certain nombre de églises en Albanie et dans les pays voisins.

L.Thomaj

 

Share this...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter