Peinture Murale du Moyen âge en Albanie

Au cours du moyen âge en Albanie, l’architecture et la peinture ont coexisté en unité stylistique. Les murs épais et massifs de la plupart des temples chrétiens, tapissés de briques combinées, ne produisent point l’impression de leur lourdeur.

Par exemple, les murs de l’église à Mésopotamie de Delvinë, à proximité de Sarandë, semblent un tapis mosaïqué. Un autre tapis encore, plus splendide de peinture semble revêtir d’un bout à l’autre l’intérieur des temples. Et bien que, probablement toujours et partout, on demeure fidèle au schéma iconographique byzantin rigoureusement défini, une grande richesse de styles et de nuances se rencontrent à l’intérieur des peintures murales, dont des fragments sont conservés à partir du Xe siècle. La peinture byzantine, comme du reste l’art et la littérature médiévaux en général, s’est développée dans le cadre de la thématique religieuse.

La classe des féodaux et le clergé se sont servis de la peinture comme d’un moyen à fourvoyer l’attention des masses des problèmes du monde réel. Ils se proposaient de créer chez le croyant l’illusion d’un «monde céleste» et de susciter l’espoir d’une vie éternelle, celle du paradis, qu’ils identifiaient à la vie véritable de l’homme. L’art byzantin a fait triompher ainsi le principe de l’irréalité. Dans le cadre des règles et des canons sévères qui excluaient la fantaisie de l’artiste, on demandait à celui-ci de ne pas refléter l’image réelle mais l’idée qui résidait à la base du type idéal, de traduire son essence métaphysique immuable.

Les types iconographiques connus par la tradition, les portraits caractéristiques du prototype de Christ, de la Vierge et des autres saints, ainsi que le schéma iconographique n’ont subi que des changements lents durant les siècles qu’a duré l’art médiéval. Voilà pourquoi on doit considérer comme précieux les traits de l’homme et de la vie qu’on décèle comme une expression marginale authentique et rare, mais extrêmement significative du reflet de la réalité objective dans ces peintures empreintes de mysticisme religieux.

Néanmoins, la tradition bien assimilée par le mosaïste médiéval, a toujours été utilisée pour véhiculer le contenu symbolique et dogmatique chrétien. Le nouveau style fait sa première apparition en Albanie dans la mosaïque murale de la chapelle casée dans l’amphithéâtre de la cité antique de Durrës (Dyrrhachium).

La mosaïque représente une scène impériale réalisée avec des galets naturels et de dès de smalte aux couleurs vives et fraîches. Elle a été réalisée à la main, librement, sans nulle contrainte, mais dans une composition fermée sans perspective, aux figures stylisées sur la base de l’esthétique byzantine sur la beauté humaine, esthétique que s’écarte considérablement de celle de l’antiquité. On peut suivre dans la peinture pariétale des grottes érémitiques l’évolution rapide et de haut niveau de la peinture monumentale antérieure, réalisée suivant le procédé de la fresque.

L.Thomaj

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